Un grave omniprésent, mais peu nuancé
La 702 S2 ne manque certainement pas de grave. Elle en produit même beaucoup. Elle ne descend cependant pas véritablement dans l’infragrave et ne restitue donc pas cette première octave qui apporte aux grandes formations, à l’orgue ou à certaines musiques électroniques leur assise la plus profonde.
Plus gênant, ce registre m’a paru insuffisamment défini, parfois confus et surtout assez systématique. D’un enregistrement à l’autre, une contrebasse, une basse électrique ou une grosse caisse tendent à adopter une couleur commune. Cette présence insistante finit également par masquer une partie du bas-médium, donnant la sensation d’un creux dans une région pourtant essentielle à la matière des voix et des instruments.
Un médium rapide, mais désincarné
Le médium possède une réelle rapidité. Les attaques sont franches et le message demeure lisible. Sa restitution m’a toutefois semblé assez mate, privée de cette richesse qui rend les timbres immédiatement crédibles.
Il manque, à mon sens, une part de microdynamique : ces variations infimes qui donnent à la musique sa respiration. Sur un violon, l’attaque et le contour de l’instrument sont correctement reproduits, mais le grain de la corde, le frottement de l’archet et la vibration du bois apparaissent avec moins d’évidence. L’instrument est dessiné. Il n’est pas totalement incarné.
Un aigu quelque peu détaché
Le registre aigu semble évoluer légèrement à part. Sa discrète mise en avant apporte de la lumière et souligne de nombreux détails, mais son raccordement avec le médium ne m’a pas paru parfaitement naturel.
Les cymbales brillent, les réverbérations apparaissent, mais leurs textures et leurs prolongements manquent de nuances. Une restitution analytiquement présente ne signifie pas toujours une richesse harmonique pleinement préservée — vieille plaisanterie de la Hi-Fi, qui confond parfois lumière et vérité.
Une image sonore néanmoins cohérente
Tout n’est heureusement pas à critiquer. La mise en phase paraît correctement maîtrisée. La scène sonore reste stable, les interprètes occupent des positions cohérentes et l’image ne souffre d’aucun flottement particulier. La conception technique est sérieuse, et cela s’entend.
Mais cette organisation ne suffit pas à faire oublier le manque général de naturel ressenti au fil des écoutes. Le grave insiste, le médium demeure mat et l’aigu paraît vivre dans son propre espace. L’oreille doit alors travailler pour réunir ce que l’enceinte ne rassemble pas spontanément. Après plusieurs dizaines de minutes, une certaine fatigue finit par s’installer. Non en raison d’une agressivité spectaculaire, mais parce que la musique peine à respirer librement et à former un ensemble pleinement cohérent.
Cette appréciation reste naturellement celle d’une écoute réalisée dans une pièce et avec un système donnés. D’autres auditeurs pourront être séduits par la présence du grave, la rapidité du médium ou la précision de l’image sonore.
Pour découvrir les enceintes, mes conditions d’écoute et l’intégralité de ce test, je vous invite à regarder la vidéo publiée sur la chaîne YouTube d’Opus 51 :
▶ [Voir le test des B&W 702 S2 sur la chaîne YouTube d’Opus 51]
N’hésitez pas ensuite à partager votre propre expérience. En Hi-Fi, les désaccords sont souvent plus instructifs que les communiqués de presse — et généralement mieux écrits.
