mardi, 27 janvier 2026 13:11

Revival Audio Atalante 4 : notre test

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Revival Atalante 4

Exceptionnellement, je vais d'emblée affirmer un fait rarissime : ces enceintes acoustiques constituent pour moi un véritable Coup de Cœur !
Il s'agit d'un produit rare, de ceux qui suscitent immédiatement l'adhésion unanime de tous les mélomanes les ayant écoutées chez Opus 51.

En cette fin janvier où le ciel affiche sa tristesse hivernale, où les températures flirtent avec le zéro absolu, l'écoute des Revival Audio Atalante 4 provoque un phénomène étonnant : notre café refroidit, oublié dans son mug, tandis qu'un éclair de soleil fait surface dans nos esprits captivés.
Il y a des enceintes qui débarquent au magasin comme de simples cartons supplémentaires, et d'autres qui, en quelques jours à peine, s'imposent dans le paysage sonore au point qu'on ne peut plus envisager de les renvoyer. Les Revival Audio Atalante 4 appartiennent sans conteste à cette seconde catégorie.
Dans un marché saturé de colonnes sagement alignées sur des catalogues de plusieurs dizaines de pages, cette grande création française joue une partition différente : celle d'une trois voies sérieuse et assumée, qui ne mise pas sur l'effet « waouh » des dix premières minutes mais sur la satisfaction profonde et durable des longues soirées d'écoute.
La Revival Audio Atalante 4 n'est ni une diva capricieuse, ni une colonne décorative de circonstance. C'est une enceinte de salon pensée pour le mélomane averti qui sait précisément ce qu'il recherche : de la matière sonore, de l'ampleur spatiale, une scène parfaitement construite et une absence quasi totale de vulgarité acoustique.

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Présentation de Revival Audio et de l’Atalante 4

Revival Audio est une marque française toute jeune dans les registres du commerce (2021), mais pilotée par des gens qui n’ont plus grand-chose à prouver dans l’industrie. On pense évidemment à Daniel Emonts, ingénieur passé par plusieurs grandes maisons européennes, et à Jacky Lee pour la partie stratégie et développement.

La gamme Atalante en est le vaisseau amiral. L’Atalante 4 occupe une place intéressante dans cette famille : plus logeable que l’imposante Atalante 5, plus ambitieuse qu’une simple colonne d’entrée de gamme, elle vise ces pièces de vie de taille “normale” où l’on souhaite malgré tout retrouver une vraie sensation d’orchestre et de respiration.

L’enceinte est conçue et fabriquée en France, en Alsace, et habillée par le studio franco-japonais A+A Cooren dans un style néo-rétro très maîtrisé : placage de noyer, lignes sobres, grilles en tissu, quelques détails qui évoquent davantage le mobilier design que le produit purement technique.

En résumé : derrière le discours marketing sur “l’émotion” et “la musique avant tout”, on sent surtout une volonté assez claire de proposer une enceinte haut de gamme mais pas intimidante, à la fois pour les yeux et pour les oreilles.

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Caractéristiques techniques & design

Face à l’Atalante 4, on n’est pas dans le registre de la colonne mince comme une top model de la Paris Fashion Week. La stature est réelle : un bon mètre vingt de hauteur, une largeur confortable, une profondeur qui assume la présence de deux 18 cm en façade. Pourtant, grâce au dessin équilibré et au socle bien proportionné, l’ensemble reste élégant dans un salon “civilisé”.

Le coffret, en véritable placage de noyer, dégage cette impression rassurante de solidité tranquille. Pas de courbes extravagantes, pas de glossy screaming, mais une ébénisterie sérieuse, bien finie, qui ne cherche pas à faire plus jeune que son âge. La grille textile, avec son motif travaillé, renforce ce côté légèrement vintage sans tomber dans le pastiche.

Sur le plan acoustique, Revival Audio a opté pour une architecture trois voies classique, mais articulée autour de technologies maison :

Tweeter :

- Dôme souple de 28 mm : Technologie ARID (Anti Reflection Inner Dome) avec grande chambre arrière et fréquence de résonance abaissée vers 650 Hz pour limiter les résonances parasites et obtenir un aigu propre, peu agressif.

Médium :

- 13,5 cm à membrane BSC (Basalt Sandwich Construction), matériau composite à base de basalte, censé conjuguer rigidité, amortissement et neutralité des timbres.

Grave :

- Deux woofers de 18 cm, eux aussi en sandwich basalte, chargés en bass-reflex via un évent arrière, pour assurer l’assise dans les pièces de 30 à 60 m².

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Quelques chiffres pour situer le personnage :

  • Bande passante : 38 Hz – 22/26 kHz (±3 dB selon les sources)
  • Sensibilité : 89 dB / 2,83 V / 1 m
  • Impédance nominale : 4 Ω (min. ~3,2 Ω)
  • Fréquences de coupure : 550 Hz et 3 kHz
  • Dimensions : 1200 × 345 × 395 mm
  • Poids : 38 kg pièce

En clair : une vraie colonne sérieuse, pas monstrueuse, qui réclame un ampli stable sous 4 ohms mais ne demande pas non plus un centrale nucléaire pour s’exprimer.

Prix indicatif : 4 100 € TTC la paire au 1ᵉʳ décembre 2025.
Lien Boutique Web : https://www.opus51.net/opus-51-enceintes/revival-audio-atalante-4-la-paire.html

 

A7 09270Conditions de test

Les écoutes ont été réalisées principalement dans le salon rouge, une pièce d’environ 25 m² pour un volume proche de 90-100 m³, avec un recul à l’écoute de 3 mètres.
Les Atalante 4 étaient :

- légèrement dégagées des murs latéraux (70 à 80 cm)
- placées à un peu plus d’un mètre du mur arrière
- très peu pincées vers le point d’écoute, ce qui semble leur convenir pour préserver une scène large sans resserrer artificiellement le centre.

Côté partenaires, plusieurs associations se sont succédé, mais une configuration a servi de référence au moment d’écrire ce test :

- Source dématérialisée : InnuOS Stream1 + alimentation PLS1 (lecture CD rippés et fichiers hi-res PCM / DSDet QOBUZ)

- Convertisseur / lecture numérique : InnuOS Performance (Stream 1), Luxman D-03R, Merasson Reuss

- Amplification : Denon PMA-3000NE, Luxman L-505Z, Roksan Caspian 4G (histoire de confronter l’Atalante 4 à deux esthétiques différentes : japonaise élégante, japonaise légèrement musclée et neutralité british, pour simplifier.)

- Câblage :  câbles HP et modulation de gamme sérieuse, neutres, déjà largement éprouvés au magasin (dont les Albedo Silver Monolith, désormais réguliers de la maison).

Une configuration réaliste pour un client qui viserait ce niveau d’enceintes, et suffisamment transparente pour laisser apparaître la personnalité des Revival Audio.

2026 A7 00081Les écoutes

Il y a des matins d'hiver où la radio déverse son lot habituel de réjouissances : invasion programmée du Groenland, frappes en Iran, effondrement tranquille de l'État de droit aux États-Unis. Le quotidien, quoi.

Dans le salon rouge, la seule crise qui mérite vraiment qu'on s'y attarde vient d'un mug de café qui se vide dangereusement. Le reste du monde et son petit théâtre géopolitique attendront bien ; l'Atalante 4, elle, a rendez-vous avec quelques disques.
Parce qu'au fond, entre les dérives autocratiques transatlantiques et les tensions moyen-orientales, autant se réfugier là où l'humanité a encore du sens : dans une scène sonore parfaitement construite et une médiane sans hystérie.

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"Pro Pacem"
Artistes principaux : La Capella Reial de Catalunya - Hespèrion XXI - Montserrat Figueras - Jordi Savall
Paru le 05/11/2012 chez Alia Vox
Genre : Classique

Jordi Savall

Pour juger des timbres et de l’image stéréo d’un système, il y a les disques “tests”, très propres, très démonstratifs… et puis il y a les enregistrements de Jordi Savall, qui réussissent à être somptueux sans jamais perdre leur humanité.

Pro Pacem fait partie de ceux-là.

L’album propose un voyage musical d’une ampleur rare, du chant grégorien aux pages contemporaines d’Arvo Pärt, en passant par des polyphonies anciennes et des pièces méditatives où le temps semble suspendu. C’est un terrain de jeu idéal pour les Revival Audio Atalante 4 :

- une grande diversité de formations,
- des voix solistes et chorales,
- des acoustiques généreuses,
- et cette prise de son Alia Vox, à la fois flamboyante et très naturelle.

Dès les premiers chants, les Revival Audio Atalante 4 montrent à quel point elles sont à l’aise dès qu’il est question de timbres.
La voix de Montserrat Figueras s’installe au centre de la scène, légèrement en avant, avec une présence presque tactile : on perçoit le grain de la voix, le souffle, les inflexions, sans que cela ne tourne jamais à l’autopsie sonore. Le médium des Revival Audio Atalante 4 est plein, habité, mais jamais empâté ; la chanteuse a du corps, pas un simple contour lumineux sur fond vide.

Le chœur, quand il entre, profite pleinement des qualités de continuité de registre de l’enceinte :
les voix graves ne s’alourdissent pas, les voix aiguës ne deviennent pas acides, l’ensemble reste homogène. On passe du unisson grégorien aux polyphonies plus complexes sans accident de raccord : les Atalante 4 ne découpent pas la musique, elles la laissent respirer.

L’espace sonore est un autre domaine où ces colonnes se sentent visiblement en terrain conquis.
La scène s’ouvre largement au-delà des enceintes, avec une profondeur très lisible :

- le soliste devant,
- le chœur en retrait,
- l’acoustique de la nef qui vient se déployer derrière eux.

Les réverbérations sont magnifiquement rendues : on suit le déclin des notes jusqu’au silence, sans tassement ni raccourci. On a vraiment la sensation d’un volume, d’un lieu, pas d’une simple “réverb” plaquée sur un mix.

À bas niveau d’écoute, la Revival Audio Atalante 4 garde une cohérence exemplaire : les voix ne s’affinent pas jusqu’à disparaître, le grave reste présent juste ce qu’il faut pour ancrer l’ensemble, et les micro-variations de dynamique restent perceptibles. C’est typiquement le genre d’album que l’on peut écouter tard le soir, sans monter le volume, tout en gardant l’émotion intacte.

Sur les pages d’Arvo Pärt, où la tension repose souvent sur des silences, des suspensions et des tenues très longues, les Revival Audio Atalante 4 confirment leur talent pour la gestion du temps et du silence : le fond est noir, les attaques ne bavent pas, et la moindre entrée d’instrument ou de voix prend naturellement sa place dans l’espace, sans effet de projecteur artificiel.

Au final, Pro Pacem confirme deux points essentiels du caractère des Revival Audio Atalante 4 :

- elles savent respecter la couleur des voix et des instruments sans forcer le trait ;
- elles sont capables de recréer un espace crédible où la musique se déploie avec naturel.

On sort de cette écoute avec moins l’impression d’avoir “testé” une enceinte que d’avoir simplement profité d’un grand disque – ce qui, dans le fond, est peut-être le plus beau compliment qu’on puisse lui faire.

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Waltz For Debby (Live At The Village Vanguard / 1961)
Artistes principaux : Bill Evans
Paru le 2017 chez Esoteric
Genre : Jazz

Bill Evans

Après les voûtes réverbérantes de "Pro Pacem", changement complet de décor : on descend quelques marches, on pousse une porte qui grince un peu, et nous voilà au Village Vanguard, un midi de 1961, attablés à quelques mètres du trio de Bill Evans.

L’édition SACD Esoteric remet en pleine lumière ce qui fait le génie de cette captation :
ce n’est pas un “beau live poli”, c’est un instantané de club, avec tout ce que cela implique.
Les gens parlent, tirent une chaise, commandent à boire, remuent des glaçons dans leur verre, se raclent la gorge… et tout cela, loin d’être un parasite, fait partie intégrante de l’expérience.

Avec les Revival Audio Atalante 4, ce **brouhaha vivant** est restitué avec une évidence désarmante :

- les conversations restent à la bonne distance,
- les bruits de chaises et de couverts ne sont jamais mis artificiellement en avant,
- le souffle de la salle entoure la musique sans l’écraser.

On n’a pas l’impression que l’enceinte zoome sur les détails pour faire “audiophile” ; elle se contente de laisser respirer la prise de son. Résultat : on y croit tout de suite.

Le piano de Bill Evans est un excellent juge de paix.
Sur Waltz for Debby ou My Foolish Heart, les Revival Audio Atalante 4 parviennent à concilier plusieurs qualités rarement réunies :

- Les attaques sont nettes, sans dureté, avec ce petit mélange de percussif et de velouté typique d’Evans.
- Le corps de la note est riche, jamais maigre, mais le bas-médium ne s’épaissit pas au point de brouiller le discours.
- Les harmoniques filent avec naturel dans le haut du clavier, sans devenir brillantes ni métalliques.

On retrouve cette impression très agréable d’un piano à taille humaine, ni miniature, ni démesurément gonflé. On sent le bois, les cordes, la mécanique – pas seulement la “jolie” note.

La contrebasse, elle, est un modèle d’équilibre sur ces Revival Audio Atalante 4 :

- le registre grave est **plein, rond, dense**,
- chaque note est distincte, lisible,
- la ligne reste tenue sans devenir sèche.

On suit aisément le travail de Scott LaFaro, son phrasé, sa façon de prendre des risques rythmiques. Les Revival Audio Atalante 4 ne transforment pas la contrebasse en simple “bourdonnement grave” : on entend l’instrument, le bois, l’attaque de la corde, la résonance de la caisse.

Quant à la batterie, c’est probablement elle qui révèle le mieux la dynamique spontanée de ces enceintes.
Les balais sur la caisse claire, les nuances sur la cymbale ride, les petits accents sur la grosse caisse : tout est là, dans le bon rapport, avec une vélocité très convaincante. Les Revival Audio Atalante 4 ne donnent jamais l’impression de comprimer les écarts de niveau ; elles accompagnent les micro-variations sans brutalité, mais sans mollesse non plus.

Surtout, ce qui frappe sur ce disque, c’est la position d’écoute que les Revival Audio Atalante 4 proposent :

- on se retrouve quasiment au premier rang, à une table proche de la scène, légèrement décentré, avec le piano un peu sur la droite, la contrebasse sur la gauche, la batterie légèrement en retrait.
- La scène sonore n’est pas “spectacularisée” ; elle est crédiblement intime. On ne survole pas la scène, on est dedans.

Au final, cette écoute de *Waltz For Debby* sur les Revival Audio Atalante 4 donne envie de ranger le bloc-notes de testeur : on arrête très vite de chercher “ce que fait l’enceinte” pour simplement profiter d’un moment suspendu avec Bill Evans, Scott LaFaro et Paul Motian.

Et lorsque des enceintes vous donnent plus envie de vous resservir un café que de changer de disque pour vérifier un critère, c’est en général très bon signe.

Waltz For Debby est enregistré le 25 juin 1961 au Village Vanguard et publié en 1962 chez Riverside, ultime témoignage du trio historique avec Scott LaFaro, disparu tragiquement dix jours après la séance – ce qui donne à ces minutes volées un parfum de miracle un peu fragile. Dès l’époque, la critique jazz y voit l’un des sommets de Bill Evans, un modèle de « démocratie » en trio où la contrebasse et la batterie dialoguent d’égal à égal avec le piano, et le disque n’a cessé depuis d’être cité comme album de chevet, souvent classé parmi les indispensables absolus de la musique enregistrée.

La réédition SACD japonaise signée Esoteric s’inscrit dans cette tradition d’orfèvrerie audiophile : tirage limité, travail de transfert très soigné à partir de sources haute résolution, respect scrupuleux des équilibres d’origine, avec ce supplément de texture et de fluidité que les amateurs de DSD apprécient tant sur ce type de prise de son de club. 

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Up
Artistes principaux : Peter Gabriel
Paru le 23/09/2002 chez Real World Productions Ltd.
Genre : Rock

Peter Gabreil

Après la spontanéité du club de jazz, Up de Peter Gabriel représente presque l’exact opposé : un album longuement mijoté en studio, enregistré et peaufiné pendant des années entre le Real World en Angleterre et quelques escapades plus lointaines. Production ultra travaillée, textures électroniques, percussions multiples, voix empilées, cordes, chœurs… c’est le règne de la surproduction assumée, au sens le plus noble du terme.

Sur ce type de disque, beaucoup d’enceintes finissent par “faire du bloc” : le grave enfle, les couches sonores se collent, on sent le studio plus que la musique.
Les Revival Audio Atalante 4, elles, s’en tirent avec une élégance assez surprenante.

Sur Darkness, l’ouverture de l’album, on mesure d’abord leur capacité à gérer les contrastes : le morceau démarre presque en murmure, avec des bruits étranges, des nappes sombres, puis surgissent des montées de tension, des impacts de batterie, des murs de son qui pourraient vite tourner à la bouillie.
Les Revival Audio Atalante 4 parviennent à garder un fil lisible dans ce chaos organisé :

- le grave plonge très bas, mais reste tenu,
- la voix de Gabriel reste clairement détachée,
- les effets et textures orbitent autour sans tout envahir.

Sur Growing Up, avec sa grosse pulsation rythmique et ses basses bien appuyées, la colonne montre qu’elle sait pousser de l’air sans perdre son sang-froid. Le kick est ferme, la ligne de basse garde un vrai dessin, et les multiples couches percussives se répartissent dans l’espace plutôt que de venir se marcher dessus. On profite de l’énergie du morceau sans se prendre une grosse boule de grave informe dans le buste.

Les morceaux plus atmosphériques comme Sky Blue mettent en évidence un autre trait de caractère : la capacité des Revival Audio Atalante 4 à démêler les plans sonores. Entre la voix de Peter Gabriel, les chœurs, les guitares, les nappes et l’orchestre, l’album pourrait vite ressembler à un mille-feuille indigeste. Ici, chaque étage reste identifiable : on situe les chœurs en profondeur, le chant principal devant, les instruments latéraux, avec une image large et stable.

Sur une pièce comme Signal To Noise, où la tension monte progressivement autour de la voix de Peter Gabriel et de celle de Nusrat Fateh Ali Khan, la dynamique des Revival Audio Atalante 4 fait merveille : elles accompagnent la montée sans durcir le haut du spectre, sans sifflement ni agressivité, même quand l’orchestre et les percussions se déchaînent.

Ce qui frappe, au final, c’est que Up reste profondément “produit”, truffé de détails et de couches, mais que sur ces enceintes, on ne ressent pas cette fatigue que ce genre d’album peut parfois provoquer.
Les Revival Audio Atalante 4, ici accompagné par l'amplificateur Luxman et le superbe Stream 1 de InnuOS, apportent juste ce qu’il faut de chaleur et de cohérence pour que l’on profite pleinement de la richesse du travail en studio, sans tomber dans la démonstration technique.

On ne se surprend pas à penser “quel son !” toutes les trente secondes ; on se surprend plutôt à enchaîner les titres, presque comme sur un album acoustique. Et pour un disque aussi dense que Up, c’est un joli tour de force.

Paru en septembre 2002 après près de dix ans de gestation, Up est le septième album studio de Peter Gabriel, longuement façonné entre le Real World Studio et plusieurs sessions nomades. Construit autour de thèmes très sombres – la mort, la perte, le temps qui passe – il tranche avec le succès plus accessible de So ou Us.
À sa sortie, la critique salue la richesse de la production et la profondeur émotionnelle de titres comme «Darkness», «I Grieve» ou «Signal To Noise», tout en reprochant parfois à l’album sa densité et sa noirceur, jugées “lourdes” ou “datées” par certains magazines anglo-saxons. Avec le recul, nombre de commentateurs voient aujourd’hui Up comme un disque sous-estimé, ambitieux et d’une modernité discrète, qui prolonge l’esprit progressif de Peter Gabriel en poussant la chanson rock vers des territoires plus sophistiqués et introspectifs.. 

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Conclusion

Il y a des enceintes que l’on respecte, et puis il y a celles que l’on adopte. Les Revival Audio Atalante 4 ont clairement basculé dans la seconde catégorie.

Après des semaines d’écoutes variées – des voûtes habitées de Pro Pacem au club enfumé du Village Vanguard, jusqu’aux labyrinthes sonores de Up – un constat simple s’impose : ces grandes colonnes alsaciennes font tout bien et, surtout, elles le font sans jamais tirer la couverture à elles.

Ce qui marque au fil des disques :

- une cohérence de registre remarquable, du grave aux aigus,
- des timbres d’une grande justesse, qui rendent les voix et les instruments immédiatement crédibles,
- une image stéréophonique ample et stable, capable aussi bien de recréer une nef que de planter une petite scène de club,
- une dynamique saine, jamais agressive, qui laisse vivre la musique au lieu de la compresser,
- une absence presque totale de “trucage” : pas de brillance flatteuse, pas de grave bodybuildé pour impressionner deux minutes.

Ce sont des enceintes pour écouter longtemps, pas pour faire trois démos spectaculaires et passer à autre chose.

Et puis il y a le sujet qui fâche souvent : le prix. Sauf qu’ici, il fâche plutôt… la concurrence.

Pour une paire de grandes colonnes conçues en Alsace, avec cette qualité d’ébénisterie, ce niveau de mise au point, cette polyvalence musicale et ce naturel global, parler de “bon rapport qualité/prix” serait presque timide. On est dans quelque chose de nettement au-dessus : une enceinte qui joue déjà dans la cour des très grandes, pour un tarif encore accessible à qui veut se constituer un système sérieux et durable.

D’où ce Coup de Cœur que nous revendiquons sans hésitation : les Revival Audio Atalante 4 ne sont pas parfaites – rien ne l’est dans ce domaine – mais elles cochent un nombre impressionnant de cases importantes, et le font avec une élégance rare.

Ce ne sont pas des enceintes pour frimer sur une fiche technique. Ce sont des enceintes pour poser un disque, se servir un café, s’asseoir, et oublier pendant un bon moment que l’on est en train d’"écouter du matériel".

À ce niveau-là, on peut parler d’achat de raison… et de passion.

Les Notes  :
   Fabrication : 15/20
   Image : 16/20
   Timbres : 16/20
   Dynamique : 16/20
   Transparence : 17/20
   Naturel : 17/20 
   Qualité/Prix : 20/20
 

 Les propos et les avis énoncés dans ce test n'engagent que l'auteur de ce test et en rien la société Opus 51. Les avis donnés ne concernent que le produit testé.

 

 

 

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