Frederic

Frederic

Il y a quelques années encore, Eversolo était perçu comme l’un de ces nouveaux acteurs du streaming audio : sérieux, malin, bien placé en prix, doté d’écrans flatteurs et d’une ergonomie qui donnait soudain un petit coup de vieux à quelques gloires installées. Bref, une marque moderne, efficace, presque insolente mais... chinoise !

Mais au salon High End Audio de Vienne 2026, Eversolo semble avoir décidé de changer de registre. La marque ne se contente plus de proposer quelques lecteurs réseau bien conçus. Elle dessine désormais les contours d’un véritable écosystème numérique haute fidélité : transport réseau, DAC séparé, préamplification, horloge externe, amplification de puissance, amplificateur intégré avec streaming. Le message est clair : Eversolo ne veut plus seulement occuper une place sur l’étagère numérique du mélomane moderne ; elle veut s’installer au cœur du système.

Et, avouons-le, cela devient franchement intéressant.

jeudi, 04 juin 2026 17:48

Blam Tenor Tower : le test

Début juin 2026.

Dehors, les giboulées de mars semblent avoir décidé de jouer les prolongations. Les nuages défilent à toute allure au-dessus de la Champagne, alternant pluie battante, éclaircies trompeuses et coups de vent suffisamment vigoureux pour décourager le plus téméraire des jardiniers.

Dans le Salon Jaune d'Opus51, l'ambiance est tout autre.

Il existe encore, en France, quelques irréductibles passionnés qui conçoivent des enceintes non pas pour flatter une fiche technique ou séduire un algorithme marketing, mais simplement pour écouter de la musique. De la vraie. Celle qui vous fait oublier le matériel pendant quelques instants. Celle qui vous pousse à remettre un disque à minuit alors que votre raison vous ordonne déjà d’aller dormir.

La société française BLAM Audio fait partie de cette famille-là.

Fondée en 2013 à Saint-Étienne par Guy Bonneville, BLAM — pour Bonneville Laboratory And More — s’est d’abord forgée une solide réputation dans le domaine du car audio haut de gamme avant de décider, plus récemment, d’entrer dans l’univers de la Haute Fidélité domestique.

Et à vrai dire… cela faisait longtemps que nous attendions ce genre d’initiative.

mardi, 12 mai 2026 09:22

Conseils Musicaux mai 2026

Il existe des disques qui traversent les décennies sans prendre une ride… et d’autres qui semblent même mieux vieillir que nous.

Pour cette sélection « Nos conseils musicaux – Mai 2026 », Opus 51 vous propose quelques trésors issus de la mythique collection Living Stereo : grandes prises de son analogiques, orchestres somptueux, voix inoubliables et cette magie des années où les ingénieurs savaient encore capturer un orchestre avec trois micros… et beaucoup de talent.

Au programme de cette courte vidéo : https://youtu.be/R2C33cVW-W0?si=JW52Oqi5qi5-j9GE

jeudi, 07 mai 2026 12:03

Indiana Line Lira 6 : les test

Il existe des matins de mai où l’on regarde le monde avec un peu moins de lassitude que d’habitude. Le café indien fume encore dans la tasse, la lumière traverse les rideaux avec cette douceur presque insolente des printemps réussis, et l’on se dit qu’après tout, il reste peut-être encore des produits honnêtes dans cette industrie qui confond trop souvent émotion musicale et fiche marketing imprimée sur papier glacé.

Les Indiana Line Lira 6 sont arrivées chez Opus51 presque discrètement. Pas de caisse en aluminium taillée dans un lingot aéronautique, pas de tweeter “quantique” développé dans un laboratoire secret au fin fond des montagne du Montana. Non. Juste une paire d’enceintes colonne trois voies, élégantes, sérieusement construites, affichées à 2.350 euros la paire. Un tarif qui, dans le paysage audiophile de 2026, commence presque à ressembler à une forme de politesse.

Et pourtant, dès les premières heures passées en leur compagnie, une évidence apparaît. Ces enceintes ont été pensées par des gens qui écoutent encore de la musique avant de lire des courbes de mesures. Voilà qui devient suffisamment rare pour être souligné sans ironie excessive.

Car derrière leur allure relativement sage se cache une proposition étonnamment ambitieuse : offrir une vraie enceinte de salon audiophile, capable de remplir de grands espaces avec ampleur, cohérence et une certaine générosité harmonique, sans transformer l’addition finale en dossier de crédit immobilier.

Dans le petit monde de la Haute Fidélité, où certains appareils semblent désormais tarifés au gramme d’aluminium brossé, les Indiana Line Lira 6 rappellent une vérité presque oubliée : la musique peut encore rester accessible sans devenir médiocre.

Et cela mérite probablement que l’on s’y attarde sérieusement.

vendredi, 27 mars 2026 07:04

Hifiman HE-600 : mon écoute

Ce matin-là, le café avait ce goût un peu trop franc — celui qui ne cherche pas à plaire. Un arabica sec, sans sucre, sans détour.

Et très vite, une évidence s’est imposée : le HE-600 joue dans cette catégorie-là.

Pas celle des objets qui séduisent au premier contact.
Mais celle, plus rare, des instruments qui vous obligent à écouter autrement.

Il y a des soirs où la musique ne s’écoute pas — elle se retrouve.

Cela commence souvent sans raison. Une lumière un peu trop douce, le silence d’une pièce qui attend, et ce geste devenu familier : lancer un enregistrement, presque machinalement. Et puis, sans prévenir, quelque chose dévie. Une sensation ténue, difficile à nommer. Comme si, derrière les notes, une présence revenait.

Ce soir-là, ce n’était pas un disque comme les autres.

C’était un transfert signé HDTT.

mercredi, 04 mars 2026 11:14

Opus51 rallume sa chaîne YouTube

Quand l’image rejoint la musique

Ce matin-là, la boutique est encore silencieuse.

La lumière traverse doucement les vitrines d’Opus51, glisse sur les façades d’aluminium brossé, s’accroche aux membranes des haut-parleurs. Dans quelques minutes, la musique remplira la pièce. Mais pour l’instant, il n’y a que ce moment suspendu que connaissent bien les passionnés de Hi-Fi : celui qui précède la première note.

Je pose une tasse de café sur le bureau, j’allume le système… et une pensée me revient.

Il y a une histoire que nous avons laissée un peu en sommeil.

Une histoire commencée il y a déjà longtemps : la chaîne YouTube d’Opus51.

https://www.youtube.com/@Opus51fr

Elle existe depuis des années. Comme un carnet de bord discret, un témoin des systèmes que nous avons écoutés, des appareils qui nous ont marqués, des musiques qui nous ont bouleversés.

Mais entre les tests écrits pour le blog, les écoutes interminables, les rencontres avec les mélomanes et les audiophiles qui passent la porte de la boutique, la vidéo était restée… en veille.

Pas oubliée.

Simplement en attente.

Aujourd’hui, nous avons décidé de la faire revivre.

vendredi, 27 février 2026 09:59

Vincent SV-237 MKII : le test

Dans mon mug fume, ce vendredi matin de fin février, un café péruvien d'une amertume bienveillante — et dehors, le soleil éclate en mille éclats sur les toits, comme si le printemps, impatient, avait décidé de ne pas attendre son heure. Il y a des matins propices aux confessions.
Il y a des amplificateurs qu'on branche, qu'on écoute, qu'on range. Et puis il y a ceux qu'on laisse traîner sur le meuble, obstinément allumés, parce qu'on ne trouve pas le courage — ou la raison — de les éteindre.

Depuis deux mois, le Vincent SV-237 MKII appartient avec une évidence tranquille à cette seconde catégorie. Je ne saurais dire exactement pourquoi, ce qui est souvent, en ces matières, le meilleur des présages : c'est lui vers lequel mes pas reviennent le plus souvent au magasin, comme on revient sans y penser vers une conversation qui vous a fait du bien.
Il a ce fameux « goût de reviens-y » que les fiches techniques, dans leur sérieux irréprochable, ne mentionneront jamais.

Hybride, puissamment motorisé — 150 watts sous 8 ohms, 250 sous 4, pour qui aime les chiffres —, légèrement chaleureux dans le bas-médium, le Vincent SV-237 MKII coche avec aisance la case qui m'importe de plus en plus, à mesure que les années passent et que l'on sait mieux ce que l'on cherche : celle d'un ampli avec lequel on peut s'asseoir des heures, laisser la musique faire son œuvre, et oublier — enfin — qu'il y a de l'électronique là-dedans.

Comme Hector Berlioz pénétrant pour la première fois dans la salle de l'Opéra-Comique, le cœur battant d'une anticipation qu'il ne saurait encore nommer, je me tenais là, en cet après-midi de janvier où le ciel déversait sur Reims ses larmes d'hiver. Il était passé seize heures – cette heure où la lumière décline et où l'esprit, par une alchimie mystérieuse, se fait plus réceptif aux révélations. Entre mes mains, mon mug familier, ce compagnon fidèle des longues heures d'écoute, exhalait les volutes ambrées d'un mauvais café décaféiné – car l'âge, ce maître implacable mais bienveillant, nous enseigne la sagesse de renoncer aux ivresses d'antan pour mieux savourer les épiphanies du présent.