
La collision chic entre rigueur britannique et groove canadien
(Roksan Attessa ⇄ PSB Imagine T54 : chronique d’un parfait amour)
Samedi matin, mai morose : un ciel couleur bulot, 12 °C qui piquent, et votre serviteur – 25 ans de tests hi-fi dans les pattes et la cafetière déjà tiède – expédie cette bafouille avant de rejoindre ses pantoufles façon ermites des ondes. On me demande : « Mais qui sont donc ces deux protagonistes ? » Allez, flash-back express.
PSB Speakers naît en 1972 au fond d’un sous-sol ontarien, quand Paul Barton (les initiales du nom) préfère bricoler des haut-parleurs que des cabanes en bois. Sa marotte ? Les mesures en chambre anéchoïque du Conseil national de recherches du Canada : moins de flafla, plus de courbes Droites Comme Un Caribou. Résultat : des enceintes réputées pour leur neutralité sans chichis – la politesse canadienne traduite en acoustique.
Roksan, débarquée à Londres en 1985, raconte une tout autre saga. Deux ingénieurs d’origine iranienne, Touraj Moghaddam et Tufan Hashemi, veulent injecter un soupçon de groove perse dans le flegme britannique. Platines Xerxes, puis électroniques au design pas franchement victorien : la marque taille sa réputation sur un mélange d’ingénierie bien serrée et de musicalité épicée. Aujourd’hui, sous pavillon britannique pur malt, le credo reste : fièvre rythmique et finition classieuse – tea time avec un shot de safran.
Voilà, les présentations sont faites ; votre chroniqueur peut refermer son carnet, saluer ce duo Grande-Bretagne-Canada et, si le thermomètre ne monte pas, hiberner tout le week-end au son d’un bon vieux Miles.
PSB est un concepteur d'enceintes acoustiques qui a vu le jour au Canada il y a plus de 50 ans. Il gravite, présentement, dans le giron de la fameuse marque NAD...
En 2023, la mode est aux petites enceintes actives et connectée, PSB nous propose les micro enceintes Alpha IQ qui répondent à ce cahier des charges.
Un écrin de noyer lustré, une toile de tissu brun-gris, des pieds bas et solides : tous les ingrédients sont réunis pour créer des enceintes qui évoquent la grande époque de la haute-fidélité, celle qui a vu naître PSB Speakers quelque part dans le gand Nord américain.
Pour célébrer le 50ème anniversaire de la marque, les PSB Passif 50 arborent un style qui rappelle les modèles Passif I et Passif II (premières création de la firme à la feuille d'érable), tout en incorporant des circuits et des haut-parleurs de dernière génération.
Ces enceintes vintage sont un hommage à l'âge d'or de la musique, lorsque les mélodies étaient ciselées avec soin et écoutées avec attention...
Héritière d’un savoir-faire canadien de plus de quarante ans, la maison PSB s’est imposée comme une signature incontournable de la haute-fidélité. Aujourd'hui associée au prestigieux fabricant NAD, dont la réputation en matière d’électroniques audio et vidéo n’est plus à faire, la marque franchit une nouvelle étape avec son vaisseau amiral : la Synchrony One.
Cette colonne majestueuse de 110 cm concentre toute l'expertise technique de PSB. Sa configuration à cinq haut-parleurs a été pensée pour une restitution d’une fidélité absolue :
Les hautes fréquences sont confiées à un tweeter en titane, garant d'une clarté cristalline.
Le cœur du spectre est magnifié par un haut-parleur de médium de 10 cm en fibre de verre et tissu.
L’assise et la profondeur sont assurées par un trio de woofers de 17 cm, utilisant la même technologie composite pour une cohésion sonore parfaite.
Bien que manufacturées en Chine, ces enceintes arborent une finition d'une sobriété exemplaire et d'une exécution splendide. Au regard de ses performances acoustiques et de sa qualité de construction, la Synchrony One redéfinit les standards du segment. Proposée à 5 000 € la paire, elle s'impose comme une opportunité rare pour l’audiophile exigeant, offrant un rapport entre prix et plaisir musical tout simplement exceptionnel.
Compte-rendu d’écoute : PSB Synchrony One
Un a priori bousculé
Pour être tout à fait honnête, j’ai accueilli ces enceintes avec une certaine réserve. Si l’écoute des PSB Image T5 (proposées à 900 € la paire) m'avait déjà agréablement surpris par leur rapport qualité-prix, j'étais dubitatif face à un modèle haut de gamme arborant l'étiquette « Made in China ». Mes attentes étaient, je l’avoue, assez limitées.
Pourtant, après une période de rodage intensif de deux semaines en continu, le moment était venu de m'installer sérieusement face à ces élégantes colonnes.
Mise en œuvre et spatialisation
Dès les premières notes, les disques se sont enchaînés avec une fluidité déconcertante. Ces enceintes brillent par leur caractère « facile à vivre » : l'écoute n'est jamais fatigante, même sur la durée. Pour qu'elles s'expriment pleinement, elles demandent toutefois de l'espace pour « respirer ».
Placement optimal : Comptez environ 120 cm du mur frontal et 100 cm des parois latérales.
Exigences : Elles ne redoutent pas les grands volumes de pièce, à condition d'être soutenues par des électroniques de haute volée capables de les driver avec autorité.
Analyse acoustique : Un festival de timbres
Le souffle du Jazz La trompette de Louis Armstrong éclate ici de mille feux. Elle habite littéralement l'espace sonore avec une présence organique. On est à des années-lumière de l'expérience vécue récemment avec les Vienna, qui rendaient cet instrument de façon presque « plastique ». La voix rocailleuse de Satchmo est restituée avec une précision et une délectation rares. Sur le live de Patricia Barber, on retrouve cette même justesse de timbre, accompagnée d'une ligne de basse d'une profondeur abyssale mais toujours parfaitement détourée.
Seul léger bémol : on pourrait parfois souhaiter des attaques de percussions et de batterie encore plus incisives et rapides.
L'émotion du Classique Le piano de Liszt, sous les doigts d'Alfred Brendel, devient tout simplement magique. L'immersion dans l'auditorium est totale, créant un véritable tête-à-tête avec l'artiste et son piano à queue. Dans Les Jeux d'eau à la Villa d'Este, on se sent presque éclaboussé par la clarté des notes.
Face au Kyrie de la Grande Messe en ut mineur de Mozart (version historique de F. Fricsay), les PSB accomplissent un tour de force. Là où un système Hi-Fi moyen rendrait cet enregistrement complexe confus et sans charme, les Synchrony One délivrent une émotion à fleur de peau. La voix de la soprano Maria Stader, avec toutes ses nuances et ses fragilités, vous transporte instantanément dans une autre dimension.
La transparence absolue Pour finir, le test de vérité sur l’œuvre de Gérard Manset. L'écoute de « Demain il fera nuit » révèle le véritable ADN de ce système. Accompagnées d'électroniques à la hauteur, les PSB font preuve d'une transparence et d'une précision chirurgicale. Aucun défaut n'est à déplorer ; la justesse est absolue.
Verdict : Un rapport qualité-prix insolent
Après avoir écouté d'innombrables systèmes, y compris des configurations aux tarifs stratosphériques, je peux affirmer que les PSB Synchrony One sont des enceintes rares. Sans vouloir être provocateur, elles surpassent par leurs qualités intrinsèques des références bien plus onéreuses, telles que les B&W 803 ou les KEF 205.
En résumé : Si vous disposez d'une pièce de beau volume, d'une amplification de qualité, mais que votre budget reste maîtrisé et ne vous permet pas d'accéder aux Aurelia Graphica, n'ayez aucune hésitation. Les PSB Synchrony One sont faites pour vous.
Musiques écoutées :
Le Système d'écoute :
Les Notes :
Musiques écoutées :
Le Système d'écoute :
Les Notes :