En ce vendredi matin, ma joie est intense. Depuis hier, je sais que la pluie existe encore.
Voilà plus de deux mois que le ciel n’avait pas pleuré sur la cathédrale de Reims. Même l’Ange au Sourire commençait à tirer franchement la tronche tandis que les pelouses, les jardins et les rares espaces verts de la ville adoptaient cette teinte brunâtre propre aux paysages que l’été a cessé d’aimer. Enfin, la terre boit, les arbres respirent et la faune retrouve peut-être le souvenir d’une herbe fraîche.
Installé dans mon fauteuil — accessoire finalement aussi important qu’un bon amplificateur lorsqu’il s’agit d’écouter au casque — je regarde la pluie dessiner sur les vitres des paysages mouvants. Le monde extérieur s’efface doucement. Il ne reste bientôt plus que la musique, une tasse de café et, posé devant moi, un casque dont les coques en noyer semblent encore porter en elles le souvenir d’une forêt.
Le FiiO FT1 coûte environ 150 euros.
Oui, seulement 150 euros. J’ai vérifié plusieurs fois, par prudence professionnelle et peut-être aussi parce qu’après trente années passées dans la haute-fidélité, on développe une méfiance instinctive envers les bonnes nouvelles.